Le petit village
Qui n’a plus d’âge
Un clocher une ferme
Une ancienne forge une auberge
Une école une mairie
Deux fontaines fleuries
Les troupeaux s’y abreuvaient
C’était au temps passé
Aujourd’hui
Passent encore quelques brebis
Mais surtout beaucoup les randonneurs
En transhumance de bonheur
Une photographie
Et c’est parti
Les Seniors et Seniores de la montagne
Sont partis en campagne
Sacs chaussures bâtons
Les voilà vagabonds
Pour quatre jours
A faire des tours
Sentiers de terre
Chemins de pierres
Sentes de feuilles
Raidillons casse-gueule
Les voilà grimpants
La montagne sur son flanc
D'un pas sûr et lent
Partis au petit jour
Sans trompette ni tambour
Franchissant torrents
Avec le rugissement
Des majestueuses cascades
Motivant l'escalade
Mais où est donc la trace
Ce ravin c'est l'angoisse
Encore un petit névé
Passer dans le pierrier
Voilà enfin le grand lac
Il est temps on en a la claque
Regarder respirer admirer
Grimper sur le rocher
Explorer profiter
S'asseoir boire et manger
Sieste d'une petite heure
C'est tout bonheur
Et puis redescendre
Lentement avec prudence
Les yeux au bout des pieds
Sauter le rocher
Les genoux se déglinguent
Talons pointes
Le cailloux roule
Tu déboules
Gare au schiste
Tu dévisses
Voilà l’alpage
Admirer le paysage
Avant la futaie des mélèzes
Leur ombre met à l’aise
Pommes de pins et racines
Te font faire des pas de ballerine
La sente devient lacet
La marche devient aisée
Une cascade t’esbaudit
Un deux trois
Sauts de pierres ponts de bois
Les torrents sont franchis
Le chemin est maintenant forestier
Ravis contents
Et mollets grimaçants
On est rentré
Chez ces séniors-là
On pense tout bas
C’est dur Monsieur
Bon sang de sacrebleu
Grimper toujours et encore
Que le diable nous emporte
Cette grande clairière fleurie
Jaune d’or est bien jolie
Pourquoi diable est-elle en pente
Voilà que le chemin serpente
En montant bien sûr
Certes l’air est pur
Parfumé de mélisses et de pins
Et peut-être d’un brin sauvage de thym
Certes c’est la bonne fraicheur
Des petits matins bonheurs
Le soleil n’est encore qu’en rayons
Rasant coupant effleurant les troncs
De plus en plus le sentier se raidit
Le pas se fait tout petit
Le souffle se fait court
Ca va on n'est pas à la bourre
Chez ces séniors-là
La vitesse n’est pas loi
La sueur commence à perler
Sur l’alpage le soleil est arrivé
La pente est devant notre nez
L’herbe a perdu devant le pierrier
Lever un pied après l’autre
Chez ces séniors là
On aime la côte et l’entrecôte
Le front l’échine ruisselle
Ça pue sous les aisselles
Il est où ce p…. de sommet
Un petit effort on va y arriver
Oui mais c’est par où
Dans tous ces cailloux
Vous y êtes là-haut
Oui c’est beau
Un tout dernier pas
Chez ces séniors-là
On ne rigole pas
Trois cent soixante degré magiques
C’est fantastique
On mange là
Profitant du panorama
SAUT DU LAIR
Photographier
Identifier
Le papillon batifoleur
Quelle est donc cette fleur
Cette pierre est bizarre
Œuvre du grand hasard
A fleur d’eau cette racine
Serait-ce la fée Mélusine
Là-bas le gros rocher
Une tête de perroquet
Debout sur sa motte
La marante marmotte
Cet empilement de strates
Des millénaires en stigmates
Ces spaghettis de pierres
Des fossiles marins de vers
Au milieu du chemin
Jusqu’à peut-être demain
Vois ces escargots hermaphrodites
Dans leur étreinte d’Aphrodite
Deux heures de préliminaires
Accouplement à leur manière
Chacun garde ses œufs en interne
Chacun à l’autre donne son sperme
Dans les prairies du val
Les fleurs sont en festival
Salsifis mélisses arnicas silènes
Une jument un étalon
Y sont en délectation
Dans la grande clairière
S’épanouit l’asphodèle
Font bande à part la centaurée l’orchis
Et les bouquets de narcisses
Quant au rouge rhododendrons
Il s’étend en édredons
Entre roches d’alpage
Avant que veaux et vaches
Y viennent pour faire leur fromage

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