La route qui remonte le temps
Fait un arrêt aux pénitents
En procession de titans
D’arène et de galets
Figés tétanisés érodés
Depuis la nuit des âges
Veillant sur le village
Aux vieilles rues étroites
De l’âge de la mule et du cheval
Aux grands portes séculaires
Dotées de chasses roues de pierres
Aux petites fenêtres
Tout le jour aux volets clos
Seulement ouvertes
A la lune à son halo
Mille fois et bien plus
Eclaté par les orages
Subir la crue
Travailler en nage
Ecrasés de chaleur
Eventés par les mistrals
Passer au travers des malheurs
Prier au repos dominical
Et a présent endormi
Mais pas dans l’oubli
Déphasé par son temps
Mais toujours vivant
LE VILLAGE
L’artiste
Il est peinture
Il est sculpture
Toiles bois cailloux
Assis debout à genoux
Pinceaux crayons burins
Neurones et doigts des mains
Il évacue la souffrance
Il dure dans l’endurance
Il imagine il déracine
Sans alcool sans cocaïne
Dans les dédales du malheur
Il fait son chemin du bonheur
Ca gargouille
Elles chantent
Ils déchantent
Le jour la nuit
Ca copule en orgie
Où sont donc les hérons
Les couleuvres
Ne sont pas à l’œuvre
C’est le printemps
Il n’ont pas le temps
La Randonnée des souvenirs
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Chaque pas avance
Tous avec vaillance
Aussi s’accrochent les mains
Pour qu’il y est encore demain
Les yeux regardent
Les oreilles entendent
Sent la jolie fleur
Aujourd’hui c’est bonheur
Les têtes elles
Sont dans les poubelles
Des instants d’antan
Ceux d’y il a fort longtemps
Elles fouillent dans le vécu
Trouvent ce qui ne s’est pas perdu
Les années de pension
Le frangin sa communion
Quand s’est-on croisés
Moments embrumés
Vadrouilles repas fêtes de famille
Les heures les jours se déshabillent
La toute dernière fois
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On était grand déjà
C’était à quelle occasion
L’enterrement de l’oncle Raymond
Celui de ton Papa
Non je n’étais pas là
Quarante ans ont filé
Qu’as-tu fait
Les frères les sœurs
En retraite du labeur
Les cousins les cousines
Dans l’art dans la cuisine
Et toi et moi
Nos émois
Tous nos malheurs
Quelques bonheurs
Les enfants
Les petits enfants
Comment ils vont dans ce monde
Rentrés ou hors de la ronde
Notre chemin se termine
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Dans un temps d’interligne
Nos souvenirs se perdront
Une voie de garage
Un grenier une cave
Les leurs se font
Dans une autre folie
Celle de leur vie
RANDO DANS LE MASSIF DE LA STE BAUMES...
ST JULIEN DE MONTAGNIER
Le silence du dimanche
Dans les rues en confidence
En promenades en visites en courses
Solitaire en familles en couples
On trainasse on déambule
On regarde on attend
Il n’y a plus de pendule
On profite du temps
Photo avec l’artiste
Ca n’est pas triste
Photo avec le modèle rouge
Devant la vieille porte rouge
Photo devant la fontaine
De l’eau un dauphin quelle aubaine
Il peignait des instants de vies
Des filles de danses et de joies
Des fortunés en bels habits
La belle vie c’était comme cela
De l’argent du champagne
Les coulisses du moulin d’ici
C’était labeur et cocagne
Le tout faisait une drôle de vie
Avec alcoolisme et syphilis
Qu’il mettait en belle affiche
Imprimée en lithographie

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